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AccueilJournalNuméros parus en 2005N°44 - Novembre 2005Les espaces non-mixtes en question > La Maison des Femmes

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La Maison des Femmes

« et si le féminisme, c’était d’être avant tout engagée pour les femmes ? »


La phénomène des Maisons des femmes, lieux non-mixtes, est contemporain du mouvement féministe des années 1960-1970 : la première est créée en 1977, celle de Paris en 1981. Une arrivée relativement tardive, mais qui s’inscrit dans la durée. Présentation d’un espace toujours actif aujourd’hui, d’après les textes publiés par les associations qui y résident.


Les Maisons des Femmes peuvent se définir comme des espaces de solidarités, d’initiatives, des espaces de vie, organisées par et pour les femmes. Toutes sont inspirées d’une philosophie commune, le féminisme, ayant des orientations plus ou moins différentes, notamment au niveau des axes prioritaires ou des pratiques spécifiques. Ceci en fonction des besoins repérés sur les terrains respectifs et des demandes des utilisatrices/participantes, mais aussi des sensibilités des femmes qui en sont à l’origine, et également des possibilités matérielles et financières, accordées, par exemple, par les institutions (mairies, départements...).

La principale perspective de la Maison des Femmes de Paris est d’être une Maison des Femmes pour toutes, ce qui signifie la volonté d’être ouverte au plus grand nombre de femmes, d’être à l’écoute de leurs désirs, de permettre dans la mesure du possible de multiplier les initiatives, également d’être un carrefour où les femmes - nous - puissent s’informer, se rencontrer, s’entraider. Ces rencontres et ces entraides sont facilitées par les différents groupes mis en place depuis plusieurs années ; ces derniers ont été choisis prioritairement du fait du dynamisme qu’ils créent ; actuellement la Maison des Femmes de Paris continue à développer toutes ces pratiques collectives (groupes de parole, permanences collectives, ateliers...)

Au cours des dernières années, trois axes prioritaires ont été mis en place : lutte contre les violences masculines à l’encontre des femmes, actions chômage/emploi face à la précarité, culture.

Ces orientations ont été prises compte tenu :
- de la situation des femmes dans une société machiste et patriarcale, ainsi que des évolutions prises par les formes de domination
- des demandes variées exprimées par les femmes, en particulier lors des permanences
- des réponses féministes possibles sur un plan collectif, prenant en compte les expériences du Mouvement de Libération des Femmes, nos expériences propres et nos compétences
- du désir d’ouvrir encore et toujours cette Maison des Femmes à des groupes et associations de femmes ainsi qu’à une population très diversifiée de femmes pouvant trouver des réponses à leurs attentes, mais encore découvrir d’autres possibles - activités, rencontres, etc...
- de la volonté de ne pas cloisonner le politique, le social, le culturel, le convivial et l’obligation de pouvoir maintenir un lieu géographique.

Le point concernant une plus grande ouverture ouvre le débat sur la responsabilité des communes et départements dans la mise à disposition de moyens (locaux personnels, subventions...). Nous souhaitons que deux autres lieux féministes puissent fonctionner sur Paris et en appelons à votre mobilisation et votre soutien. [...] Nous sommes plus que jamais déterminées à nous battre car :
Les femmes sont les plus exploitées et opprimées :
- La famille dans de nombreux cas est le lieu de la plus grande oppression des filles et des femmes ;
- 54 % des chômeurs sont des femmes ; plus de 80 % des précaires sont des femmes.

Les féministes et lesbiennes revendiquent une réelle autonomie des femmes dans la société :
- Respect des filles dans l’éducation au sein de la famille,
- Accès à des savoirs ni misogynes, ni sexistes, ni racistes,
- Accès aux études et aux formations sans aucune discrimination,
- A travail égal, salaire égal (une femme cadre en France gagne moins de 30 % qu’un homme cadre)
- Pas de temps partiel subi ni de contrat à horaire flexible.
- Création de places de crèches (il manque 50 000 places sur Paris)
- Les femmes luttent contre la double journée de travail qui, bien entendu, ne permet pas et donc ne suscite pas de vocations politiques, culturelles, ou associatives.

Une politique féministe de la santé :
- Pour la libre disposition des corps et le droit à la contraception, à l’I.V.G.
- Pour que les femmes bénéficient d’une réelle éducation et d’informations sur les sexualités sans normes imposées,
- Pour le droit à toutes les formes de sexualité et de vie.
- Pour le dépistage systématique des cancers du sein, le maintien de la spécialité gynécologie médicale et la prise en compte des atteintes du sida chez les femmes et lesbiennes de façon spécifique.
- Pour une formation continue des médecins sur la santé spécifique des femmes et des lesbiennes et les problèmes liés aux violences domestiques.

Viols et violences (1 femme sur 2 en est victime)
- Dans la famille comme dans les médias, la culture sexiste, misogyne et lesbophobe engendre toutes les formes de violences masculines contre les femmes :
- viols, viols collectifs, viols conjugaux,
- harcèlements moral et sexuel, insultes,
- prostitution : les clients doivent être condamnés judiciairement, tout comme les proxénètes (la prostitution est un viol)
- agressions physiques et violences conjugales.
- Les lois contre les violences doivent être appliquées,
- Tous les partenaires, politiques, administratifs, doivent prendre leurs responsabilités et soutenir les associations travaillant autour des viols et violences masculines subies parles femmes.

Développer une solidarité internationale et féministe :
- droits sociaux accordés à toutes (réels droits à la santé)
- droits au travail et à un travail décent pour les femmes immigrées
- droits à la dignité, à bas l’esclavagisme !

MAISON DES FEMMES DE PARIS
163 rue de Charenton
75012 Paris (face au 174)
Tél. 01 43 43 41 13
Fax 01 43 43 41 12
E-mail : maisondesfemmes@free.fr
http://maisondesfemmes.free.fr


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