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Un labyrinthe de la puissance collective

Retour sur certains événements de la révolte de Oaxaca


Dans le sud du Mexique, depuis cinq mois, la révolte continue. Une caravane protestataire vient de gagner le centre-ville de Mexico, après 19 jours de marche (480 km) pendant lesquels elle a essaimé dans plusieurs régions. Après deux mois sans salaire, malgré les pressions, les négociations interminables et les mots d’ordre de leurs représentants syndicaux, les enseignants refusent toujours de regagner les classes. Des avions militaires survolent Oaxaca, toujours pleine de barricades. Par flots successifs, l’armée s’est installée dans la région et se prépare à exécuter le plan « Hierro » (« Fer », « Lame ») pour « reconquérir la ville ». Des escadrons de la mort, constitués de policiers ou de « parapoliciers », continuent à enlever et à assassiner, afin de faire monter la pression jusqu’à ce que les « factions radicales » du mouvement sortent les armes, ce qui donnerait « légitimité » à l’armée d’intervenir. Mais malgré ce déploiement répressif, le mouvement enseignant-populaire continue son chemin, vaille que vaille, vers la destitution d’Ulises Ruiz Ortiz (le gouverneur despotique et corrompu de la région), en inventant sans cesse de nouvelles formes d’organisation et d’action.


« Personne ne sait ce que sera le futur : c’est un secret [...] qui n’est ni dans les livres de Marx ni dans ceux de ses adversaires. [...] Il faut [...] trouver des formes, nouvelles et réellement effectives, de contrôle démocratique et populaire, aussi bien du pouvoir politique et économique que des moyens de l’information et de l’éducation. »
Octavio Paz, Postdata au Labyrinthe de la solitude (1969)


« Pendant les nuits, sur les barricades il y a des femmes, jeunes et grand-mères, comme des petites et des petits, des jeunes et des adultes », déclare au journal La Jornada la coordinatrice du CIPO-RFM, une organisation magoniste adhérant à l’APPO (Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca). Le mouvement, c’est des profs, des chauffeurs, des avocats, des médecins, des étudiants, des femmes de ménage, des fonctionnaires, des gens qui votent PRI, PAN ou PRD [pour les partis, voir No Pas du mois dernier] ou qui ne votent pas, des militants de toute une vie ou d’autres qui ne se sont jamais intéressés à la politique... Et la révolte se déploie sans arrêt : on dit que 80% de la police locale s’est rebellée et refuse, soit par peur soit par solidarité, d’assurer la répression. Le 16 août, la section 35 des travailleurs de la santé (SNTSS) s’est jointe au mouvement dans une grève indéfinie (500 médecins et infirmiers continuant cependant d’assurer les urgences). A Mexico, samedi dernier (21/10), à la fin d’une manifestation, l’écrivain Paco Ignacio Taibo II a annoncé que les travailleurs de la culture et de l’art se joindraient dès le lendemain à lutte de l’APPO, avec l’annonce d’une grève nationale le 27 octobre. La part indienne, comme dans les luttes zapatistes, est également très importante. Si bien que selon le collectif Chiapas de Bordeaux (qui a organisé un rassemblement de soutien le 14 octobre), les manifestations ont rassemblé plus d’un million de personnes dans un Etat qui compte trois millions et demi d’habitants. Comment, à partir d’une grève d’enseignants, ce mouvement s’est-il étendu à une si grande partie de la société ?

Vendredi 20 octobre, à Zaachila (un municipe situé à une trentaine de kilomètres de Oaxaca), ont eu lieu les funérailles du professeur Pánfilo Hernández Vásquez, assassiné par des présumés policiers. Etaient présents des camarades, des élèves et des pères de famille de l’école où il travaillait. Là, les pères de famille ont dénoncé l’abandon dans lequel le gouvernement d’Ulises Ruiz Ortiz a laissé l’école : la moitié des salles de classe ont été construites par les efforts de la communauté, avec des planches et des lames de zinc.

A ce sujet, une enseignante de la section 22 du Syndicat National des Travailleurs de l’Education (SNTE) nous dit : «  - Le gouvernement ne destine pas l’argent à l’éducation comme il le doit. Et les gens s’inscrivent dans les associations des Pères de famille pour maintenir l’éducation. Très souvent c’est le peuple qui construit les écoles, avec l’argent qu’apportent les Pères de famille. C’est ce comité qui maintient les écoles dans les communautés. - Alors vous vous organisez comme en anarchie, non ? - Exactement. »

Par nécessité, l’école publique mexicaine s’est donc ouverte aux peuples pour qui elle est faite. Un jour par semaine, en général le samedi, par tables rondes ou assemblées, les gens du coin viennent discuter de l’organisation scolaire. Ce sont eux qui nettoient bénévolement les écoles. Ces pratiques et modes d’organisation sont présents dans l’esprit de la section 22 du SNTE, et dans son combat pour un « enseignement démocratique ».

En plus d’être ouverte et partiellement autogérée, l’école là-bas devient multiculturelle. Alejandro Luis Gómez, un enseignant indien en marche dans la caravane contestataire, raconte à la Jornada que, dans toutes ses années de primaire et de secundaria (collège), il n’a pas pu établir de communication avec ses professeurs, parce qu’aucun d’entre eux ne parlait sa langue. Dans la région d’Oaxaca, il y a 16 langues principales, sans compter les variances dialectales. Dans ce contexte, les enseignants pourraient forcer les élèves à ne pas s’exprimer dans leur langue et à apprendre l’espagnol, comme ça s’est fait pour l’unification française (dans des écoles bretonnes, des panneaux disaient « Ici, il est interdit de cracher et de parler breton. »).

Mais de plus en plus d’indiens, comme Alejandro, deviennent enseignants, afin « d’aider les autres professeurs à comprendre les caractéristiques socioculturelles de leurs peuples, avec l’intention de les transmettre ». Quand il était étudiant, Alejandro s’est rendu compte qu’il y a des sons qu’on ne sait pas représenter graphiquement. Avec d’autres enseignants, il s’est donc attaché à créer un alphabet pour les langues qui n’en ont pas, comme la sienne, qui est celle des zapotèques de la Vallée et celle des cuicatèques. D’autre part, les enseignants de langue maternelle espagnole sont de plus en plus nombreux à apprendre une ou plusieurs langues indiennes. L’école populaire mexicaine s’ouvre donc à la diversité linguistique et culturelle de ses élèves.

C’est cette ouverture, culturelle et organisationnelle, qui explique qu’elle soit devenue mieux acceptée par tous. Il faut ajouter que le salaire des profs n’est pas élevé [voir No Pas d’octobre] ; financièrement, ils ne font pas partie de la classe moyenne. Mais ces raisons ne suffisent pas encore à expliquer pourquoi le soutien populaire au mouvement enseignant est aussi important.

Une intelligence collective énorme

Quand, le 22 mai, les enseignants en lutte ont commencé à occuper le zocalo, ils ont rouvert cette place centrale aux commerçants ambulants. « Avant, les commerçants ambulants étaient ici, raconte une enseignante. Mais le gouvernement les a expulsés en argumentant qu’ils faisaient du mal au tourisme, que les étrangers qui venaient ne pouvaient pas apprécier dans sa totalité le zocalo. [...] Depuis le 22 mai, les vendeurs sont revenus... et ils sont un soutien à notre mouvement. » Quand, le 14 juin, la police a essayé d’expulser les occupants, les pavés qui l’ont mise en fuite, après cinq heures de combat, ne volaient pas que de mains d’enseignants. On dit aussi, sans savoir les chiffres exacts, que les gaz lacrymogènes et les coups ont tué des vieilles personnes et des enfants. C’est de cette nuit-là qu’est née l’Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca (APPO). La revendication unitaire du mouvement des enseignants et de l’APPO est, depuis ce moment, de faire tomber Ulises Ruiz Ortiz (URO). Il s’agit de ne pas céder, d’aller jusqu’au bout. Les revendications corporatistes viendront après.

Les profs ont également eu l’intelligence de participer activement à l’annulation de la Gelaguetza officielle du 17/7 et de son remplacement par la Gelaguetza populaire du 24/7. A l’origine, la Guelaguetza, mot zapotèque qui signifie "art de donner", est une fête où les communautés indiennes de la région se donnent rendez-vous depuis des siècles pour se montrer leurs danses, et ainsi augmenter leur désir de vivre ensemble. Mais depuis quelques années, ce spectacle est devenu un folklore pour touristes, trop cher pour les indiens. Pendant ce mouvement, avec l’appui actif des enseignants en lutte, ils se le sont réapproprié...

La réappropriation est donc un mot-clé du mouvement : réappropriation des places publiques, des rues, des bâtiments officiels, des bus... Il s’agit de reprendre ce qui a été confisqué par les gouvernements rateros (« voleurs »). Car comme le remarque en plaisantant un chauffeur de taxi, toutes les richesses du pays sont systématiquement volées : « En fait ici, l’essence n’était pas assez chère. C’est pour ça qu’on l’a vendue aux gringos, pour qu’ils puissent nous la revendre trop chère ! ». Réappropriation : sur la façade d’un hôtel, d’où des brigadistes de l’APPO ont chassé une réunion clandestine de représentants du PRI et du PAN, il est écrit : « Hôtel APPO. Gratis. »

Médias libres

La coordinatrice du CIPO-RFM raconte à la Jornada que « le 1er août, il y a eu une marche de femmes appelée la marche des casseroles. A la fin, dans le rassemblement on a parlé de la façon dont la télé était en train de déformer l’information. Et nous les femmes, indignées, nous nous sommes mises d’accord pour aller faire une causette à Canal 9. On a réquisitionné des autobus et quand on est arrivé aux installations de CORTV, on a demandé à parler avec les responsables, afin qu’ils nous laissent un espace d’une demi-heure pour diffuser des infos sur le mouvement. Comme ils ont refusé, on a pris Canal 9, et les camarades qui s’y connaissent dans ce bazar ont commencé à transmettre. Les premiers à parler ont été les copines et ça, ça a été très bonito. [...] Mais cette réappropriation impliquait une grande organisation car les gardes pour surveiller les installations, c’était 24 heures sur 24, et il fallait aussi surveiller les antennes [...]. La radio, on l’a renommée Radio Casserole  ». Une participante à l’action déclare : « Nous avons la capacité de faire l’histoire. Maintenant c’est un orgueil de dire que nous sommes des femmes de Oaxaca.  » C’est à la suite de ces actions que s’est créé la Coordination des Femmes Libres du 1er août (COMO), et que le 1er août a été décrété jour de la femme oaxaquanienne.

La télévision Canal 9 a aussi été reprise ; elle informe en continu sur le mouvement. « C’était impressionnant de voir les camarades parler de la lutte à la télévision, dit Dolores Villalobos Cuamatzi, du CIPO-RFM, et cela fut unique. ». Pendant une nuit d’août, en passant dans une rue, nous avons entendu des propos très inhabituels sortir d’un poste de télévision. Les habitants de la maison nous ont invités à venir regarder. Dans le petit écran, un homme aux cheveux blancs, à la chemise rouge, aux yeux profonds, qui vient de subir des jours de torture, dit en parlant des gouvernants : « La peur les aveugle. » Pendant plus de vingt minutes, il développe ses idées sur le système politique de la peur, en parlant des tortures et des tortionnaires, et ce sans être interrompu, ce qui est impossible, comme le développe Pierre Bourdieu, sur une chaîne de télévision capitaliste.

Les radios servent à diffuser en permanence l’information sur les attaques qui viennent de se produire. Elles permettent également au mouvement de se coordonner. Elles offrent aussi des programmes humoristiques pour remonter le moral des habitants. URO accuse le mouvement de liens avec l’EZLN et l’EPR (Armée Populaire Révolutionnaire) ; on répond avec des commentaires du type : « La guerilla urbaine arrive, cinq petits vieux en chaise roulante commettent une attaque-suicide avec des bombes données par le Téléthon. »

Attaques aux médias libres

Le 9 août, des mercenaires politiques (« porros ») sabotent l’antenne de Radio Universidad. On les expose aux médias avec la bouteille d’acide dans les mains. Quand on les interroge sur leurs motifs, ils disent qu’ils faisaient partie du mouvement, mais : « - On nous a donné un contrat, par téléphone. - Pour quelle somme d’agent ? - 500 pesos [l’équivalent d’à peu près 40 euros, soit un peu plus d’un tiers du salaire minimum par mois]. ». Le 10 août, à 7h30, le journal Noticias est pris d’assaut par deux hommes armés. C’est un quotidien indépendant qui diffuse les « voix et images de Oaxaca », et y compris, de façon crue, des photos de gens blessés ou tués par les agents de la répression. Cette attaque pitoyable à la mitraillette, où l’un des deux était d’abord entré en reconnaissance pieds nus pour se faire passer pour un fou, n’a pas fait de mort, seulement quelques blessés. Le 20 août, ce journal est à nouveau attaqué par une soixantaine d’individus, dont des militants du PRI ayant des liens avec le narcotrafic. Le lendemain à 3h du matin, c’est au tour de Radio APPO, de Canal 9 et de CORTV d’être attaqués par des paramilitaires. Le 22 août, l’APPO réagit en prenant toutes les antennes AM et FM de la ville, lors d’une marche populaire de 12 000 personnes. A chaque fois que le gouvernement tente de reprendre des installations, le mouvement en reprend un plus grand nombre encore.

Blocages et fluidité

En plus de s’emparer des moyens de communication, il s’agit de maîtriser les voies de circulation. Pour cela, il faut un bon fonctionnement collectif et un certain courage. La nuit du 21 août, dans l’opération « nettoyage des voies de circulation », des policiers viennent attaquer des barricades, et un convoi de 34 véhicules vient tirer sur les installations de la radio La Ley. Au micro, on appelle alors à la résistance : « Alerte, alerte camarades, ils nous attaquent, mobilisez-vous aux ouvertures de cette station pour écrire une glorieuse page de plus de l’histoire de Oaxaca ! ». Le message se diffuse aussi vite dans les rues : une explosion de pétard signifie alerte, et trois pétards à la suite signifient qu’il vient de se produire une attaque pas loin. Au moins 80 barricades sont aussitôt montées, avec des autobus du service urbain, des pneus, des pierres et d’autres objets, par des gens de tous les âges. Le convoi de la mort est cerné. Après avoir tiré sans faire de blessés, il s’enfuit en forçant les barrages. Le lendemain, sont retrouvées des cartouches de calibre 380 et 9 mm, et de mitrailleuses d’assaut AR-15 !

Le blocage est donc, avec la réappropriation, une autre arme majeure du mouvement. Comme pour la lutte au corps à corps, il s’agit d’être en liberté de mouvement, tout en empêchant l’autre de bouger librement. Blocages de succursales bancaires, ou de voies de circulation, comme le 17 octobre, où pour la seconde nuit consécutive, quelques 500 indiens intégrants de l’UCIZONI et un contingent de professeurs de la section 22 du SNTE ont bloqué la route transisthmique, afin d’empêcher que plus de 30 autobus, affrétés par le gouvernement de l’Etat, n’acheminent des centaines de personnes pour participer à une marche de soutien à URO.

« Nous nous sommes reconnus en tant que peuple »

La puissance des actions de ce mouvement tient donc dans sa capacité d’organisation collective, par l’utilisation des médias alternatifs, la réappropriation des moyens de circulation et de communication... Toujours en mouvement, à l’image de la marche-caravane vers Mexico, qui est partie au moment où la ville semblait assiégée et prête à tomber, le mouvement se renouvelle sans cesse et aujourd’hui nul ne peut dire jusqu’où il ira. «  Nous nous sommes reconnus en tant que peuple, dit la coordinatrice du CIPO-RFM, et nous sommes en train d’apprendre à nous organiser pour manger, pour l’autodéfense, pour faire les occupations, etc.  ». Que ce mouvement puisse nous inspirer !

Pour une école égalitaire, solidaire et libertaire

La façon dont a commencé cette révolte peut également nous rappeler à quel point l’éducation est un enjeu central. Les profs de là-bas ont montré qu’elle pouvait être émancipatrice et populaire. Pourtant, il ne faut pas idéaliser ces écoles, où les élèves sont en uniformes ! Et dans le slogan oaxaquénien « Magisterio y pueblo unidos, jamas seran vencidos !  », il y a aussi l’idée que le peuple et les profs, ça fait quand même deux. Je suis sûr que ceux d’entre nous qui sont enseignants le ressentent bien : notre métier est ambivalent. Nous sommes à la fois des matons de l’école capitaliste et des acteurs de l’émancipation. A Oaxaca, il semble bien que les enseignants aient choisi plutôt la deuxième tendance. Il n’empêche qu’un des prochains pièges pour le mouvement viendra de leurs représentants syndicaux. Par leur biais, le gouvernement réussira-t-il à diviser la section 22 du SNTE et l’APPO ?

Quoiqu’il en soit, l’ouverture et le courage de ces enseignants peuvent nous faire souvenir que la révolution espagnole est née aussi dans les écoles de Francisco Ferrer : ouvertes à tous, enfants et adultes, hommes et femmes, elles proposaient des enseignements qui ne hiérarchisaient pas les savoirs « manuels » et « intellectuels ». Ces écoles étaient de vrais lieux publics, des agoras ouvertes à tous. Comment faire pour, nous aussi, enseignants ou non, élèves ou non, ouvrir vraiment nos écoles, non pas cette fois aux entreprises, mais aux gens du quartier ? Ne serait-ce pas un moyen efficace pour lutter contre le sécuritaire et la chasse aux sans-papiers, par le développement de la solidarité active ? Réapproprions-nous l’école, un des derniers lieux encore publics, plutôt que de laisser l’Etat capitaliste continuer à en faire une prison pour les élèves comme pour les enseignants, une fabrique à robots frigides et sans espoir ! Multiplions aussi les échanges avec les enseignants de Oaxaca qui partagent nos idées, et avec ceux d’autres pays, pour développer ensemble une éducation égalitaire, solidaire et libertaire.

A suivre...

Continuons à nous informer et à soutenir le mouvement enseignant-populaire de Oaxaca :

Destitution immédiate d’URO et de ses fonctionnaires !
Liberté aux prisonniers politiques !
Non au fascisme ! Que cesse la répression. No pasaran !*

*[Communiqué des Organisations Indiennes pour les Droits Humains à Oaxaca (OIDHO)]

- La jornada : http://www.jornada.unam.mx/
- Noticias, Voz e imagen de Oaxaca : http://www.noticias-oax.com.mx/
- radio universidad Oaxaca : http://www.uabjo.mx/radio/radioOnLi...
- Portail du mouvement : http://www.oaxacalibre.org/libertad/
- Nouvelles au jour le jour : http://mexico.indymedia.org/tiki-in...
- CIPO-RFM : http://www.nodo50.org/cipo/
- CEDES 22 : http://www.seccion22snte.org.mx/ced...


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