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AccueilJournalNuméros parus en 2007N°61 - Septembre 2007Permanence des ressources et revenu garanti - Partager et transmettre > L’EXIGENCE POLITIQUE

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L’EXIGENCE POLITIQUE



Si ce dossier fait le pari de l’optimisme et de l’offensive sociale (et libertaire, arf’) nous ne leurrons pas : il y encore très loin de la coupe aux lèvres. Les initiatives « écologiques » et culturelles sont souvent assez nombreuses, notamment dans les régions rurales ou semi-rurales, par contre on peut dire qu’au niveau de la conflictualité c’est en marais basse. Si des mouvements comme RESF et Don Quichotte défendent les sans papiers, les sans domicile, on est très, trop loin d’une lutte auto-organisée qui plonge au coeur d’une problématique politique. Le danger guette, qu’on peut résumer par le risque de devenir la béquille du capitalisme, par exemple en enquillant journée salariale et journée solidaire, pour remplacer les manques de l’Etat providence et les faiblesses des revenus...

Nous devons garder une exigence politique et poser dans nos mouvements  :

- la question du partage des richesses ;

- celle de la répartition de tout type de propriété privée ;

- la convergence des luttes et des alternatives.

Le rédacteur de ces lignes a passé son enfance à voir évoluer des alternatifs des années 1970, qui sont passés de communautaristes « libertaires » au statut de commerçants ou salariés sympas mais totalement intégrés au système. Comme ça, l’air de rien, comme si les gens s’oubliaient et se laissaient dévorer par le quotidien. L’exigence politique est toujours une violence faite à un groupe social qui trop souvent peut se satisfaire d’une convivialité et s’oublier dans cette fermeture. La politique est de plus en plus souvent un « surtravail » par rapport à des solidarités (jardins, échanges de bien, gardes d’enfants collectives) ; celles-ci tendent à aspirer l’essentiel des énergies de réseaux militants qui mutent peu à peu en réseaux solidaires. Nous devons rester vigilant-e-s à ce sujet et ne pas faire fi d’un mouvement global, d’une radicalité, d’une lutte qui investisse l’espace public, l’administration et les entreprises.

Berlusconi lui-même affirmait, lorsqu’il avait le pouvoir politique en Italie, que cela l’arrangeait que des personnes bossent au noir, comme ça ils ne revendiquaient plus rien et ne luttaient plus. Le paradoxe est que lorsque des familles pauvres s’auto-organisent pour la garde des enfants, cela peut acter la disparition de crèches et de personnes rémunérées pour le faire - la redistribution des richesses est donc en grippe et les militants n’ont plus le temps de faire de la politique avec la ribambelle de bambinos dans les pattes. A No Pasaran, cette problématique est au coeur de nos débats et nous ne comptons pas nous transformer en société de service (enfin, je garderai bien encore certains gosses, que personne ne prenne ça pour lui !). L’idéal nous semble être que, dans l’exemple cité, les parents (ou proches) s’organisent effectivement mais demandent en même temps des crèches à leur mairie avec des emplois correspondants. Pour satisfaire cette revendication, comme d’autres, l’Etat ou les collectivités territoriales devront prendre l’argent là où il est : dans les poches des capitalistes.

En tout cas, dans tout ce qu’on fait il nous semble essentiel de poser la question de la radicalité, et du lien avec un mouvement global (informations, analyses liées des luttes, problématisation politique). Ne nous laissons pas endormir !


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