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AccueilJournalNuméros parus en 2003N°21 - Juin, juillet, août 2003 > Fascistes hors de nos rues !

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Fascistes hors de nos rues !



Depuis 1994, le 9 mai, les jeunes des mouvements d’extrême droite français (FNJ, MNJ, GUD, AF, puis UR et maintenant Jeunesses Identitaires) défilent en toute impunité dans les rues de Paris pour rendre hommage à l’un de leur militant mort le 7 mai 1994, lors d’une manifestation.


La manifestation, organisée par le Comité du 9 mai, nom porté par le collectif qui organise la retraite aux flambeaux, se déroulait en totale impunité, puisque depuis des années aucune autorisation n’avait été demandée à la préfecture. Un important dispositif policier était mobilisé chaque année pour encadrer et protéger les militants d’extrême droite, et le cas échéant chargé d’intercepter d’éventuels contre-manifestants antifascistes.

Cette année, les antifascistes radicaux parisiens, sur la lancé du rassemblement du 9 novembre 2002, avaient décidé de mettre fin à ces parades. A l’appel du Scalp-Reflex, de la CNT, mais également du SRA, de Act-Up Paris et de Ras l’front XXème, le vendredi 9 mai 2003, de 20h à 23h, plus de 250 militants et sympathisants se sont rassemblés sur la place Ernest au niveau de la station RER Port-Royal pour empêcher que le rassemblement et la procession aient lieu. Une affiche et un tract commun avaient été sortis pour l’occasion. Les semaines précédant la date fatidique les murs de Paris ont vu fleurir des affiches avec Serval, appelant tous les antifascistes à se mobiliser ce jour-là.

Le lieu de rassemblement initial prévoyait de se réunir à moins d’une centaine de mètres du passage du défilé du Comité du 9 mai. En arrivant sur la place, nous avons eu la surprise de découvrir le lieu dégagé de toute présence policière. Nous avons alors décidé d’avancer sur le parcours des fafs. C’est à ce moment que les policiers, postés dans les rues adjacentes ont foncé vers nous, toute sirène hurlante et ont tenté de nous bloquer. Nous allons tenir le rassemblement sur le passage des fafs jusqu’à 23h, afin d’être sûrs que ces derniers ne défileront pas. Si les antifascistes radicaux n’avaient pas décidé cette année de manifester le soir du 9 mai, la retraite au flambeau organisée en partie par les Jeunesses Identitaires aurait eu lieu sous la protection de la police. Nous avons signalé notre présence aux riverains, mais aussi aux fafs par de la musique, des slogans et des interventions au micro.

Du côté des fafs



Les processions du 9 mai les autres années étaient assez fluctuantes quant à l’affluence des militants. Celle de l’année dernière ne réunissait pas plus de 150 personnes. Cette année les JI se chargeaient de l’organisation et avaient prévu différentes activités : le rassemblement, une action le samedi et un repas du CEPE. C’était la première fois que les JI tentaient d’organiser une manifestation publique de grande ampleur sur Paris. L’enjeu pour eux était de taille, surtout que le FNJ, présent aussi à chaque 9 mai, attendait un éventuel faux pas de leurs "camarades". L’annonce d’un contre-rassemblement antifasciste semble avoir remotivé les troupes pour cette année, puisqu’on peut évaluer les effectifs à plus de 200 individus.

Le rassemblement était annoncé chez les fafs à 21h, mais dès le début de l’après-midi, les militants et sympathisants d’extrême droite se réunirent près de la place de l’Observatoire.

Les Jeunesses Identitaires, qui coordonnaient la manifestation voulaient ranger les individus en ligne, les JI se plaçant en tête de cortège, suivi des autres (FNJ, skins). Philippe Vardon, responsable des JI et chanteur de Fraction, mégaphone à la main dirigeait la manœuvre. Avec l’arrivée de la police, l’assurance dans les rangs des fafs connut un premier fléchissement. Lorsque les CRS commencèrent à avancer vers les militants d’extrême droite, ceux-ci l’espace de quelques secondes firent mine de vouloir tenir leur rassemblement, mais très vite ce fut la débandade dans les rangs des fafs. Les flambeaux furent balancés par terre et les colonnes de militants se disloquèrent immédiatement. Guillaume Luyt du Bloc Identitaire fut interpellé par la police, sans que l’on comprenne trop comment. Il déclarera plus tard s’être sacrifié pour permettre aux militants identitaires de se replier. Il est sans doute plus juste de penser qu’il n’a pas été assez malin pour échapper aux flics. Le rassemblement étant alors désorganisé, les JI ne contrôlèrent plus rien du tout. Les fafs refluèrent vers Denfert-Rochereau. Quelques dizaines tenteront de se donner rendez-vous à Assas vers minuit pour déposer une gerbe.

Il est clair que l’image des JI en a pris un coup lors de cette soirée, puisqu’ils avaient pris l’organisation du rassemblement à travers le Comité du 9 mai. Ils n’ont pas été capables de maintenir une certaine cohésion dans leur rang, et malgré toutes leurs bravades suite à l’annonce d’une contre-manifestation, ils ont prouvé leur incapacité à s’organiser sur Paris face à la pression antifasciste.

Une chose est certaine, la mobilisation et la détermination des militants antifascistes face à la police cette année a permis de stopper le défilé. Si les fafs décident de recommencer l’année prochaine, nous serons de nouveau là pour les stopper.

TAZ


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