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AccueilJournalNuméros parus en 2003N°18 - Mars 2003 > Un crochet pour les BUSHers

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Un crochet pour les BUSHers


A l’heure où ces lignes sont écrites, le sort de la population irakienne est encore suspendu au bon vouloir des va-t-en guerre de la Maison blanche et de certains dirigeants européens, Blair, Aznar et Berlusconi en tête. Contre les désirs de paix et de justice des populations internationales, les apprentis-BUSHers pourraient très bien choisir l’option du conflit armé, et confronter ainsi leur population à une radicalisation et un accroissement de tous types de fondamentalisme et de nationalisme.


Ils prétendent ainsi mener une guerre pour la "démocratie", alors qu’ils restent sourds aux aspirations de leur propre peuple, dont une partie croissante est victime de la guerre sécuritaire et économique, que ce soit en Italie, en Espagne, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis.
La Guerre du Golfe, en 1991, avait fait plus de 600.000 morts irakiens. L’armée américaine avait également utilisé des armes chimiques et les nouveau-nés irakiens de cette période portent les stigmates de cette guerre "pour la paix et la démocratie".

Saddam Hussein était resté au pouvoir, et le dictateur sanguinaire a pu en toute quiétude continuer à opprimer son peuple, et notamment la (grande) minorité kurde.

Aujourd’hui W. Bush prétend que le régime irakien possède des armes de destruction massive. Il ne précise pas que le même Saddam a effectivement utilisé massivement ces armes contre son peuple dans le passé. Par exemple, en 1988, en une journée, 5000 kurdes avaient été gazés à Halabaya par dictateur, à l’aide d’hélicoptère de combats. Ces hélicoptères avaient été fournis - gratuitement - au régime irakien par… Georges Bush père.

Pas d’union nationale, Mais la guerre sociale



L’Etat français s’octroie un beau rôle dans cette histoire ; il est sacré défenseur de la paix par les médias. Les manifestations du 15 février, qui ont rassemblé des dizaines de millions de manifestants de part le monde, et quelques centaines de milliers en France, ne doivent pas être perçu le moins du monde comme une union sacrée derrière Jacques Chirac, mais comme le reflet du désir de paix de la majorité de la population mondiale.

D’ailleurs, les dirigeants français de droite comme de gauche avaient massivement approuvé la première guerre en Irak en 1991 (gouvernement de "gauche"), comme celle en Afghanistan l’an dernier (Chirac et Jospin d’accord sur ça aussi) - le peuple afghan a morflé, par contre les Talibans et Ben Laden sont toujours actifs. Les positions actuelles de la gauche-droite, susceptibles de changer si les Français trouvent un quelconque intérêt économique ou politique à bombarder l’Irak, ne doivent pas non plus rendre amnésiques.

Le réseau No Pasaran était présent durant ces manifestations, au sein de la mouvance libertaire. Nous n’étions pas là pour sâcrer Chirac en tant que faiseur de paix, mais bel et bien pour participer à un geste de soutien envers la population irakienne.
Pendant que la petite France est en train d’écrire le feuilleton TV de l’année, face au Goliath étasunien, ici la guerre sociale continue : multiplication des plans de licenciements ; casse des retraites ; radiations ANPE et baisse des alloc’ et des aides sociales ; CMU payante ; remise en cause du RMI ; baisse du pouvoir d’achat ; réduction des libertés et fabrication de nouveaux boucs-émissaires (les sans-domiciles, les prostituées, les tziganes après les sans-papiers) pour défouler la majorité des prolos, et les détourner de leurs véritables adversaires - le patronat et les capitalistes.

On vous laisse continuer le tableau.

Nous on ne soutient pas Chirac, on n’a pas appelé à voter pour lui lors du second tour, ni pour quiconque au premier, et nous n’avons aucun problème de conscience. Si la gauche voulait gagner, elle fallait qu’elle défende les millions de salariés pauvres, les chômeurs, les précaires, les sans-domiciles et les sans-papiers au lieu de se préoccuper de privatiser, de réduire elle aussi les libertés (Loi de sécurité quotidienne) ou d’expulser les sans-papiers…

La population irakienne risque de se faire bombarder pour satisfaire les intérêts économiques et géopolitiques des States et de leurs ombres. Puisque la "démocratie" mange ses cendres, nous ne pouvons pas faire plus contre cet état de fait, à part manifester ou s’interposer sur place. Mais nous pouvons faire en sorte que le terreau sur lesquels naissent les fanatiques (W.Bush ou Ben Laden), c’est à dire l’ignorance, la misère et la privation de liberté, se réduise puis disparaisse, en luttant là où nous existons contre le capitalisme, le fascisme, le sexisme et toute forme d’intégrisme.

Pas de guerre entre les peuples,
Pas de paix entre les classes !

SCALP 19


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