Retour accueil

AccueilJournalNuméros parus en 2004N°34 - Novembre 2004 > NO PASARAN N’EST PAS UN JOURNAL D’OPINION. (ENFIN J’ESPERE)

Rechercher
>
thème
> pays
> ville

Les autres articles :


NO PASARAN N’EST PAS UN JOURNAL D’OPINION. (ENFIN J’ESPERE)




On dit qu’un édito est une sorte de tribune laissée pour une opinion personnelle Bon ben le problème c’est comment faire un édito quand on a un soucis avec le terme d’opinion Comme vous voyez ça commence fort ! En effet, l’opinion est un énorme fourre-tout où la plupart du temps on ne trouve que des banalités, des lieux communs, ou des préjugésLe plus emmerdant, c’est surtout le préjugé, cet avis que l’on pense pouvoir donner spontanément et qui souvent ne se justifie que par l’ ouïe-dire ou (beurk), par l’autorité. Le préjugé, c’est l’avis de quelqu’un sans être l’avis de personne !
Lorsque l’on s’insurge contre une réalité sociale en trouvant le système abrutissant, débilitant, infantilisant, autoritaire, c’est que l’on prétend dépasser l’opinion pour tenter d’avoir une posture critique. La question est : suffit-il de critiquer un état de fait pour ne pas retomber dans l’opinion ? En clair, nous suffit-il de nous déclarer opposants radicaux pour nous dégager de tout risque de tenir des propos de même nature que ceux que nous critiquons ?
On doit éviter le préjugé parce que, lorsque l’on a des prétentions à l’autonomie, le préjugé est bien la marque que l’on reste une espèce d’hominidé qui ne pousse pas sa réflexion plus loin que le bout de ses docs. L’autonomie, c’est certainement une des plus belles destinations que les hommes se soient un jour fixée mais la route pour y aller ne ressemble guerre à un chemin dans un champ de marguerites.
Comment éviter de tomber dans le préjugé ?
D’accord, c’est plutôt difficile. A chaque fois qu’on se lance dans une appréciation large, c’est pas facile de s’arrêter, de réfléchir à d’où ça vient, à si on est vraiment d’accord ou pas, à tout un fichu tas d’nuances qu’on pressent nécessaires mais qui tout d’un coup se font trop nombreuses. Or les préjugés ça se combat à coup de vigilance. Vigilance par rapport à soi même, tout d’abord : notre culture, notre éducation, notre expérienceil faut d’abord briser les icebergs de certitudes qu’on a sur ce genre de choses. En commençant par là en général, se développe l’embryon de notre engagement politique (enfin, bon, j’espère). Ensuite vigilance face aux autres et à la capacité de certainEs à imposer leurs idées (ou leurs propres préjugés) par la force ou la persuasion. Vigilance face aux théories, plus elles sont systématisées et complexes, et plus elles sont susceptibles de penser à notre place. Et la plupart du temps, cette vigilance commence par la relativisation des croyances et de toutes les formes de certitude.
Est-ce à dire qu’il faut devenir sceptique à tout prix ? C’est vrai que le pendant de la chose peut être un abandon de toute valeur, un désengagement en disant, « rien ne va, mais rien ne peut être meilleur ». Eh ouais, difficulté supplémentaire.
La meilleure façon , il me semble, de prouver le contraire, c’est justement de réaliser certaines formes d’autonomie, de montrer qu’elle peut exister ici et maintenant, peut être pas parfaitement mais en tout cas que cela peut être quelque chose de réel.
C’est peut être une pirouette de répondre comme ça mais c’est , à mon sens, la réponse la plus efficace.
Alors, oui, No Pasaran, n’est pas un journal d’opinion : si c’était le cas, cet édito ne serait sous vos yeux et ma pauvre cervelle n’aurait pas tenté ce périlleux exercice de remplir une page sur un thème aussi passionnant. On dira plutôt de notre très aimé No Pa que c’est un journal d’idées, on y démontre et on y débat plus de choses qu’on en affirme.
Pour ma part , c’est plutôt une très bonne chose !
Bonne lecture et bonne vigilance (on est jamais assez vigilant, hein ma bonne dame !)
Ni dieu ni maître et Socrate sur roulettes
Kanine


No Pasaran 21ter rue Voltaire 75011 Paris - Tél. 06 11 29 02 15 - nopasaran@samizdat.net
Ce site est réalisé avec SPIP logiciel libre sous license GNU/GPL - Hébergé par Samizdat.net